Après la phase de dormance des froids mois d’hiver, un nouveau cycle de vie commence pour les plantes. Le réveil de la nature dans les champs, les potagers et les vergers concerne aussi les vignes, qui nécessitent des opérations spécifiques de la part de nous, viticulteurs. Notre travail maintiendra les vignes en bonne santé afin d’obtenir une année de récoltes abondantes et des raisins de qualité.
Le doux réveil des vignes : le début d’une nouvelle année
C’est généralement en mars que le vignoble commence lentement son réveil, lorsque les températures commencent à augmenter très progressivement. Lorsqu’elles atteignent 10°, elles permettent aux vignes de se réveiller en douceur. L’arrivée du printemps et de son climat doux est un moment crucial pour les travaux entre les rangs, après le travail hivernal achevé par la taille à sec. Maintenant que les plantes sortent de leur phase de repos, leur sève transparente et dense commence à s’écouler des cicatrices laissées par la coupe des sarments : c’est le phénomène naturel connu sous le nom de pleurs de la vigne.
Le liquide provient des racines de la plante, redevenues actives, qui, en se réveillant, mettent en circulation une sève riche en sucres, minéraux et hormones nécessaires au développement des jeunes parties de la vigne. Avec la reprise du cycle végétatif, de nouvelles pousses se formeront en effet sur les sarments, et après environ un mois, les inflorescences apparaîtront. Le réveil de la nature au printemps sera suivi de la formation de grappes de petites fleurs précieuses, bien que leur beauté ne soit pas conventionnelle. Chacune d’elles est un raisin potentiel.
Le liage des plantes
Au moment du réveil de la nature, toute la structure du vignoble doit avoir été contrôlée afin de vérifier qu’il ne soit pas nécessaire de remplacer les fils, les piquets, les tendeurs ou toute autre partie du système. La structure est également nettoyée de tout éventuel résidu de la taille précédente, afin de pouvoir y travailler aisément. Chaque élément faible ou endommagé est remplacé par un neuf, afin que les vignes poussent sans risque de défaillances structurelles.
On procède alors au liage des sarments encore relativement souples, qui sont délicatement guidés sur les fils, dans une position permettant de profiter au mieux de la lumière du soleil et sans étranglements qui bloqueraient la circulation de la sève. Si nécessaire, les sarments seront écimés et certaines pousses éliminées. Le viticulteur sait qu’il est préférable de sacrifier la quantité de raisin produite au profit de la qualité, et il a à cœur de préserver la santé et la structure de la plante elle-même.
En général, au moment du réveil de la nature, des projets de planification et d’entretien dans le vignoble sont réalisés. Ici, dans l’exploitation agricole Edoardo Patrone, sans abuser de produits chimiques, sans utiliser de pesticides ni d’herbicides, et en nourrissant les vignes avec des engrais naturels.
Les joies et les dangers de la nature qui se réveille
Le réveil de la nature présente toutefois aussi des dangers pour le vignoble. En particulier, les gelées imprévues, avec lesquelles mars risque de surprendre les viticulteurs lorsque les vignes ont déjà « pleuré ».
La pluie et le vent fort risquent également de causer des dommages, en faisant tomber les fleurs ou en entravant la pollinisation.
Malheureusement, le nombre d’événements extrêmes hors saison augmente ces dernières années en raison du changement climatique, compliquant le métier de viticulteur. Toutefois, dans le cycle annuel de la vigne, mars est le mois où se décide en grande partie l’avenir du millésime, et le réveil du vignoble est accueilli avec joie et optimisme. Les premiers pas sont accomplis vers une récolte riche et de qualité.
Le risque des gelées tardives
L’un des principaux dangers du réveil printanier dans le vignoble est représenté par les gelées tardives : si les températures descendent sous zéro après le débourrement, les jeunes pousses, particulièrement sensibles, peuvent subir des dommages irréversibles. C’est pourquoi de nombreux viticulteurs de montagne, comme ceux du Val d’Ossola, surveillent attentivement les prévisions au cours des semaines qui suivent le réveil de la vigne, prêts à intervenir avec des techniques de défense active lors des nuits les plus à risque.
Pour aller plus loin
Le cycle de la vigne se poursuit avec : le débourrement de la vigne, la floraison de la vigne, la nouaison de la vigne.