Débourrement, ou germination : c’est ce qui se produit environ 15 jours après les pleurs de la vigne, lorsque les pousses apparaissent sur les sarments.
Bien que critique, la phase de débourrement de la vigne, entre la fin du mois de mars et le début du mois d’avril, possède un charme particulier, également esthétique. C’est un bon moment pour visiter les vignobles et admirer le vert tendre des extrémités végétatives qui s’allongent, avec les petites feuilles qui, jour après jour, se déploient depuis le bourgeon et deviennent plus nombreuses.
La période du débourrement de la vigne est aussi celle où les viticulteurs procèdent à la plantation des plants greffés, entre la fin de l’hiver et le début du printemps. Les pluies printanières tasseront délicatement la terre autour du système racinaire et, avec les températures douces, favoriseront l’hydratation et le débourrement des jeunes plants.
Modalités et périodes du débourrement de la vigne
Le début du débourrement est principalement influencé par le climat, la température extérieure et celle du sol. En Europe, la température de l’air atteint le seuil crucial (zéro végétatif) généralement autour de 10 °C ; si cette condition se maintient pendant 7 à 10 jours, les hormones de croissance circulent dans la plante et la formation des pousses, bourgeons et gourmands commence.
Certains des autres facteurs qui déterminent le début du débourrement sont le type de cépage et le microclimat particulier du vignoble, son altitude, son orientation, l’exposition au soleil, la période de la taille hivernale. Dans certains cas, des interventions plus radicales du viticulteur peuvent influer sur le débourrement de la vigne, comme les techniques culturales, les traitements chimiques ou hormonaux.
Lorsque le débourrement commence, les bourgeons sur les sarments gonflent et les bractées s’ouvrent pour permettre à la pousse de jaillir avec son énergie vitale, mais la vigne devient également plus fragile et sensible.
Les gelées constituent le premier danger pour la vigne en phase de débourrement, car l’équilibre de l’eau intracellulaire à l’intérieur du cep, des branches, des sarments et des pousses elles-mêmes est sorti de la dormance hivernale. Le liquide n’est désormais plus concentré dans le système racinaire, mais transporte les hormones de croissance vers les bourgeons, tandis que les racines commencent à s’étendre dans le sol ; de plus, la sève des pleurs, qui enveloppe encore les pousses, pourrait geler.
Si la baisse imprévue des températures constitue un facteur de risque, les hivers particulièrement doux et le débourrement précoce, suivis d’un retour des basses températures qui ralentissent l’ouverture des bourgeons, peuvent également causer des problèmes, en favorisant la reproduction de parasites qui infestent la pousse.
Les vents forts sont eux aussi une source d’inquiétude pour le viticulteur, car ils peuvent endommager, voire arracher, les jeunes pousses tendres, tout comme l’humidité excessive peut accroître le développement des champignons.
Protéger les pousses contre les aléas
Il existe des moyens et des stratagèmes à la disposition du viticulteur pour faire face aux problèmes environnementaux et protéger les vignes pendant la phase de débourrement : des stratégies, modernes et anciennes, visant à modifier temporairement le microclimat du vignoble, qui ne sont pas toujours faciles à appliquer, économiques ou efficaces à 100 %.
Contre les gelées tardives, on utilise par exemple des ventilateurs qui poussent l’air vers le bas, empêchant l’air trop froid de stagner et de provoquer le gel des racines, ou l’on allume des feux entre les rangs. Pour les petits feux qui créent une légère brume sur le vignoble, on utilise de la paille : en brûlant lentement, elle forme une couche de fumée qui empêche l’humidité de descendre et de geler, tandis que la plante entière bénéficie d’une légère hausse de la température ambiante. Il existe également des bougies antigel spéciales en paraffine, ainsi que des câbles électriques chauffants qui traversent les treillis.
L’irrigation par aspersion pendant la nuit est également un moyen de stabiliser la température de la plante.
Mais c’est en la bienveillance de la nature que le viticulteur place sa confiance, avec un début de printemps doux, des températures ni assez froides pour provoquer des gelées ni trop chaudes pour faire ouvrir les bourgeons et croître les pousses trop rapidement. Afin d’attendre avec une impatience juste, mais aussi avec optimisme, la floraison de mai, la nouaison, la véraison, la maturation et les vendanges.
Pour aller plus loin
Les étapes suivantes du cycle végétatif : le réveil de la nature dans le vignoble, la floraison de la vigne, la véraison du raisin.